Petit CR entre amis

May 20, 2010

Pour ceux qui n’aiment pas lire voici le résumé :

Pluie, routes, froid, brouillard, gorges de l’Ardèche, premières rencontres, gorges rapides, intense, suisse, col de Menée, sublime, bizarium, encore des rencontres, ronfleur, roulage rapide, crêperie, 900SS en panne, repos, ventoux, galère flip, galère flap, toujours des rencontres, re 900SS en panne, solitude, gorges de la Nesque à en pleurer de joie, dîner, rencontres, bizarium prolongé autant que possible… mais pas assez, retour déjà, souvenirs.
Bref : Émotions , Bonheur, merci !

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Pour les autres une version plus longue et nettement moins intéressante :)

Mercredi 12 mai 2010, 07H
Réveil facile, les hurlements des jumeaux sonnent aujourd’hui comme la plus belle des mélodies car… c’est LE Jour, LE jour du départ pour la NC…
Le temps dehors est magnifique, il pleut des trombes, ça promet d’être une belle journée de roulage, l’objectif est de rejoindre Arno, Cram, FE et ZebX à Brion, un patelin pommé au milieu de routes à vaches à 530 bornes d’ici…
Une fois le grand à l’école et les 2 petits à la crèche c’est partit, moto chargée, moto démarrée. J’hésite un moment à troquer la combi de pluie par une combi de surf mais l’esthétique dénote avec les bottes.
30 km de pluie plus tard le soleil fait son apparition je trace sur les 150 premier km pour rejoindre la D673 qui traverse la foret domaniale de la Bessède une route magnifique qui enroule tranquillement.
Arrivé à Rocamadour un petit arrêt s’impose pour se procurer du Birlou, de la liqueur de pomme châtaigne qui se marie entre autre correctement avec du Rhum.
Puis à Mauriac l’altitude aidant la température commence à baisser sérieusement et c’est seulement arrivé à Compains que je me découvre un optimisme de forcené ; je n’ai ni l’adresse du rendez-vous ni mes affaires d’hiver, pas de gants chaud, ni doublure de blouson !
Seul à me cailler au milieu de Compains avec un hôtelier peu aimable qui me dit en substance “Y a pas de gîte par ici !” le pire est à craindre, le brouillard s’intensifie, j’entends déjà au loin des loups hurler à la mort, ils se rapprochent, je les sens, ils sont là prêt à bouffer les pneu du CB pour l’empêcher de repartir, ensuite ils attaquerons le carter de leurs crocs accérés tels des poignards, la gueule luisante de 10W50…. Je ne dois ma survie qu’à un vieux routeur wifi sagem non protégé qui me permet de retrouver l’adresse du gite…
On se retrouve tous là-bas, apero, diner, dodo.. nickel.
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Le gîte Lapier chez Corinne et Manu à Brion est un petit écrin de tendresse à 1200m d’altitude au milieu d’une nature hostile et sauvage, les hôtes charmants vous vantent la vue imprenable sur tout le massif central (sauf si brouillard comme là, on a rien vu), et font une cuisine remarquable, nous vous recommandons vivement les joues de porc ainsi que les pieds de porc au St Nectaire le tout agrémenté de quelques bouteilles de côtes d’Auvergne rouge.
Mention obligatoire : Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour et pratiquez une activité physique régulière.
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Jeudi 13 mai 2010, 7H
Réveil correct, le brouillard est plus que jamais présent, décollage à 9H direction ‘le pas brouillard’ le but est de redescendre en direction des gorges de l’Ardèche et de remonter vers Die ensuite.
Quelques belles routes plus tard se trouve une descente pas très large dans laquelle nous dézinguons un groupe de romains de façon peu cavalière histoire de se mettre en jambe, doucement suivi d’un pont interdit pour un risque d’effondrement insuffisamment dissuasif (http://arnauddumand.free.fr/babwin/NC10/album/slides/P1000116.JPG).
Sur le coup de midi l’AAB s’impose (l’Appel A Bouffer), nous trouvons un restaurant Harley sur la N102 du côté de Pradelles (Restaurant Aux légendes) plein à craquer de motards. A l’extérieur un groupe de Harley / Guzzi / Buell refroidissent sous la pluie, avec au milieu la ‘Moto d’Assistance’… une Yamaha, on a beau regarder, aucune grue n’est en vue pour un laché de Japonaise, les mentalités changent !?
Pluie puis les gorges de l’Ardèche au sec, la piste à nous ! Arno et Cram ouvrent le bal, ZebX est passé en mode ‘c’est sec gazatoc’ et FE fait racler ses chromes !

Arrivés au Martouret avant le diner la NC commence pour de bon : rencontres de FRMistes en tout genres à l’apéro puis au diner, suivi du bizarium avec entre autre un ‘spécial coin coin’ de ZebX qui à été analysé en profondeur et les hypothèses émises sont : Calva, prune, figues, poire, pomme, coing, betterave, haricot verts, radis… il y a plus de 5 fruits et légumes c’est donc bon pour la santé !
Direction le lit pour être en forme le lendemain… Malheureusement c’était sans compter sur Benoi.. (je cache volontairement la dernière lettre de son prénom pour préserver son anonymat) The ronfleur Guy, un train de marchandise passant à 5m de la fenêtre n’aurait pas fait plus de bruit !
FE tente les bouchons en vain et ZebX craque en assaillant le TGV (Très Gros Vibreur) à 1h du mat avec la frontale dans les yeux pour le faire taire, puis rebelote et 10 de der au milieu de la nuit !

Vendredi 14 mai 2010, 8H
Réveil moyen, Arno et ZebX cuisent comme des homards sous la douche tout en émettant des petits cris de lemmings en ruts (je m’excuse d’ailleurs platement auprès de la communauté Lemmings pour cette comparaison insultante).
Cette journée est placé sous le signe Haroun, et à déjà été racontée par plusieurs CR et d’autres encore à venir. 16 motos se dirigent donc vers la Suisse.
Puis arrive un passage dans les gorgesdejesaisplusquoimaisArnaudouBenflysaventsurement. Avec Arno en ouvreur calé à spolc (surtout pas observer le compteur), Benfly dans ses roues, Séverine et moi qui nous accrochons dans une inconsciente confiance. La falaise à droite, une rivière bleu turquoise à gauche, une route propre, des images qui se gravent instantanément sur nos rares neurones encore connectés… ENCORE !!!!
Un peu plus tard dans la journée à quelques kilomètres de chez Haroun point boulet collectif : tout le monde enlève sa combi de pluie et ça ne rate pas, 2 minutes plus tard arrêt en urgence tout le monde la remet pour le seul moment de flotte de la journée !
Nous nous retrouvons donc devant l’hôtel de ville, pas un bruit, les motos sont parfaitement alignées, nous sommes cachés dehors dans un escalier en attendant la cible.
Haroun sort et un immense “Copainnnn” fait vibrer le village entier… que dis-je, la suisse entière ! Suivi d’un tout petit “Oh les cons !” pis plus rien…
Un apéro rapide avec un accueil très chaleureux et c’est l’heure de décoller, direction l’autoroute l’autoroute pour rejoindre Grenoble au plus vite, c’était sans compter sur la Harley de FE qui déteste la toroute et fait son caprice de diva durant 5 minutes en interdisant d’une façon bien sonore (certains dirons hystérique) la moindre approche à son égard… Une fois la cantatrice calmée on repart pour une bouffe au Carrefour du coin.
Itinéraire Benfly pour un retour par le col de Menée… et oui encore un qui en parle mais…c’est une montée magnifique derrière les deux ri(n)ne ; Séve et Co… les bouchons dans les oreilles, tout est silencieux, au travers du brouillard l’évaporation de l’eau sur les pots bouillants offre des instants magiques, les volutes de fumée s’enroulent autour des motos qui nous précède, puis le brouillard dense, le ballet des feux en filature, lentement, le temps est arrêté les épingles se suivent la respiration est lente… arrivé en bas les visages sont éclairés d’une lueur de joie commune, des rencontres de personnes qui ont vécue ensemble un très beau moment…
Arrivé à Die, direction le bizarium un peu vide, des gestes peu précis d’un j’en ai 6 de jesaisplusquiniquoimaisilmontrait4doigtsavecsesdoigts.
FE et ZebX partent se coucher Arno et moi restons à discuter avec les derniers courageux puis direction le train, enfin la piaule avec un Benoi… (chut chut toujours pas de nom)  locomotiv’ man en pleine forme et du travail en perspective pour ZebX -> crise de fou-rire avec Arno de 5 minutes et on s’effondre mort de fatigue.

Samedi 15 mai 8h35
Réveil difficile, en presque retard au petit dèj on se fait mettre dehors, ZebX s’étouffe et la serveuse casse un verre sur un geste peu contrôlé…
Aujourd’hui c’est le ventoux, on passe par le magnifique village de glandage, suivi d’une route pas bien large avec de beaux gravillons pour s’entraîner aux virgules.
Devant ça arsouille sévère entre Benfly, Sylvain et Arno.
Les prémices d’une panne sur la 900SS de Séverine juste avant un arrêt crêperie avec un apéro composé de victuailles locales.
Un rapide essai de la Buel de Zebx, c’est haut, ça vibre, ça pousse velu, pendant que Benfly teste la 900SS.
Au village suivant démontage d’embrayage, là 10 hommes regardent Séverine travailler, l’envie d’aider ne manque pas mais j’ai plus peur de gêner qu’autre chose, une douille de 32 récupérée chez l’armurier local permet de ressérer la bête.
C’est repartit vers le mont ventoux en Harley cette fois-ci, c’est très marrant, impossible de prendre de l’angle mais ça pousse pas mal et ça reste collé au bitume, merci encore à Arno et Séverine de m’avoir attendu. En haut du vetoux le fond de l’air est négatif et les poignées chauffante bien agréables.
Une fois en haut nous attendons les autres, Florent s’envole (c’est le Flip), Corinne est bloquée, nous la poussons à 3 pour la mettre à l’abri. Le vent est tellement fort qu’il faut retenir les motos béquillée pour ne pas les voir disparaître par dessus le parapet !

On redescend à 20 à l’heure, puis plus bas c’est repartit… avec Florent tout droit (c’est le Flap), on l’aide à remonter, la moto est un peu abîmée le pilote s’en tire bien avec une bonne frayeur. Le temps de se remettre des hordes de motards passent, peu d’entre eux sont propres, les trajectoires totalement improbables, en descendant nous croisons un groupe bien amoché (voir vidéo de S@m17 à 3’35 : http://www.youtube.com/watch?v=U7-Dfiqq1eM).
Pendant ce temps Séverine roule des mécaniques.. ou plutôt déroule son embrayage…encore. Direction le centre du bourg pour trouver une douille de 32, une dame dans un resto m’invite chez elle et me montre la caisse à outil de son mari qui faisait de la compétition moto et qui n’est plus là… à son ton je perçoit qu’il n’est par partit avec une autre mais plutôt au paradis des motards (premier bon moment de solitude)… je ne trouve qu’une douille max 30 mais aussi une clef allen d’un bon 24 fillette qui permettra de resserrer l’embrayage…

Un premier groupe retourne au campement et nous sommes 4 (Benfly, Sylvain, Mash, et moi) à soutenir  psychologiquement la créature ducatesque dans les affres de la panne.
Second très grand moment de solitude lorsque Séverine me demande de voir s’il est possible de garder temporairement la clef Allen et de la renvoyer par la poste : je ramène la clef au resto et leur explique le besoin :
Moi – Bonjour, je vous rapporte la clef allen
Lui – Ah merci, très bien
Moi – Est-il possible de la garder temporairement pour être certain de pouvoir rentrer et de la retourner par la poste au plus tôt ?
Lui – Vous savez, Florence (la dame de la caisse à outils), tiens beaucoup aux affaires de son mari qui est mort (second très gros moment de solitude d’autant plus que les larmes lui montent aux yeux) et…
Moi (ne sachant plus très bien ou me mettre) – Je comprends tout à fait, merci encore pour tout, remerciez Florence de notre part….
Je m’éclipse et 20 minutes plus tard tout est ok on repart.. à TOC, la route est sèche le bitume est parfait et hormis un son et lumière que j’offre à Mash sur un virage qui se resserre, nous avons eu droit à 1H10 de jouissance non-stop, propulsé par Benfly au début, et suivi d’un j’en remet dans les gorges de la Nesque par un Mash survolté qui clôture en apothéose le roulage de la journée !
Le soir un dîner très vivant (vivant !), tout le monde a la banane, suivit d’un bizarium que l’on fait durer le plus longtemps possible pour ne pas perdre un instant à partager ensemble.
Reste à la fin Yaya, benfly, Corinne, Séverine et moi (si j’en oubli pardon mais j’étais bien mûr dirons-nous), les bouteilles sont toutes vides…il faut malheureusement se résigner tout le monde au lit, heureux d’avoir partagé ces dernier moments et triste de penser (avec le peu de lucidité restante) au lendemain !

Dimanche 16 mai 2010, 8H?
Réveil trèèèèès difficile, le paquetage est rapidement fait, quelques remarques sur mon sac étanche orange, il est laid certes mais visible de (très) loin !
Corinne (merci) me trouve 2 Gilles + une Manue qui vont dans ma direction hop c’est partit direction les gorges de l’Ardèche, malheureusement, une circulation beaucoup trop dense nous empêche d’enrouler tranquillement.
Un déjeuner fort sympathique à Barjac en terrasse pour profiter des rayons de soleils puis hop on repart avec un vent latéral d’un fort beau gabarit.
16H30 à Lodève je les abandonne pour m’enquiller 7H d’autoroute et rejoindre la côte basque ne voulant pas arriver trop tard.

7H d’autoroute avec un vent de face par rafale assez violent en CB500…
cool…
Arrivé à 00h04 à Ondres
Douche
Dodo
Heureux.

Un stock de souvenir qui déborde, des rencontres, un bonheur partagé.

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